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Boeing demande à Washington d’intervenir sur un prêt de l’UE à Airbus

Seattle – Boeing Corporation © Adobe Stock Photos

Publié le : 22 juillet 2026 à 08h19


L’essentiel

– Boeing demande à l’USTR d’obtenir de l’UE une transparence totale sur un prêt de 3 milliards d’euros accordé à Airbus par la Banque européenne d’investissement.
– L’annonce du prêt, faite le 29 juin, est intervenue seulement quatre jours après la prolongation de la trêve commerciale entre les deux blocs sur les subventions aéronautiques.

Boeing a sollicité le gouvernement américain pour obtenir de l’Union européenne davantage de transparence sur un prêt de 3 milliards d’euros accordé à Airbus par la Banque européenne d’investissement. Une démarche qui ravive les tensions commerciales entre les deux avionneurs, quelques jours seulement après la reconduction d’une trêve tarifaire sur les subventions aéronautiques.

Dans une lettre adressée au représentant américain au Commerce Jamieson Greer, révélée par Reuters, Boeing indique avoir été surpris par l’annonce faite le 29 juin par la Banque européenne d’investissement (BEI), la branche de financement de l’Union européenne, confirmant l’octroi de son plus important prêt corporate jamais accordé, destiné à Airbus. L’avionneur américain demande à la représentation commerciale américaine (USTR) d’exiger de l’UE « une présentation complète des conditions de ce prêt » et de clarifier sa compatibilité avec l’accord de trêve de 2021, qui prévoyait un « processus ouvert et transparent ».

Une trêve fragile après dix-sept ans de contentieux à l’OMC

Retour en arrière : Boeing et Airbus se sont livrés pendant dix-sept ans une bataille juridique devant l’Organisation mondiale du commerce, chacun accusant l’autre de bénéficier de subventions déloyales, un différend ayant débouché sur une vague de tarifs douaniers transatlantiques touchant bien au-delà du seul secteur aéronautique. Les deux parties avaient fini par s’accorder sur une trêve de cinq ans en 2021. Celle-ci, qui devait expirer le 6 juillet dernier, a depuis été prolongée indéfiniment, les deux camps cherchant à éviter la relance d’une guerre commerciale dans l’aérospatiale.

Un timing qui interroge Boeing

Ce qui alimente la suspicion de Boeing, c’est avant tout le calendrier de l’annonce. La première tranche du prêt, d’un milliard d’euros, a été dévoilée seulement quatre jours après que l’Union européenne a validé la prolongation de l’accord de statu quo entre les deux blocs. « À tout le moins, le timing de ce prêt est surprenant », a fait valoir Boeing dans son courrier. De son côté, la BEI a démenti tout traitement de faveur, un porte-parole précisant qu’il s’agissait « d’un prêt normal, portant intérêt, s’inscrivant dans l’activité de financement globale de la banque ». Airbus et Boeing ont tous deux refusé de commenter.

Washington confirme examiner le dossier « de très près »

Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, a quant à lui confirmé au média américain CNBC que l’USTR examinait « de très près » ce dossier, précisant avoir déjà évoqué le sujet avec son homologue européen. Il s’est montré offensif sur le fond : « Nous ne pouvons pas accepter une situation où certaines entreprises n’ont pas à opérer selon des règles de marché, où Boeing doit fonctionner et rivaliser face à un Airbus qui bénéficie de prêts déloyaux. »

Un accroc qui intervient alors qu’Airbus prépare l’après-A320

Point notable relevé par Reuters : cette demande d’intervention survient alors qu’Airbus évoque déjà publiquement le développement d’un nouvel avion dès 2030, un projet susceptible de relancer la compétition et les tensions sur le marché mondial des avions commerciaux. Thomas Toepfer, directeur financier d’Airbus, a de son côté assuré à Londres que ce prêt avait été contracté « entièrement aux conditions du marché ».