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easyJet : Apollo rachète la compagnie pour 6,7 milliards d’euros, Castlelake se retire

Un A320 d’easyJet. © Adobe Stock Photos

Publié le : 06 août 2026 à 18h16


L’essentiel

– Apollo Global Management a formalisé le 6 août une offre ferme de rachat d’easyJet, valorisant la compagnie à 5,7 milliards de livres sterling (environ 6,7 milliards de dollars), à raison de 7,15 livres par action.
– Castlelake, l’autre prétendant, s’est retiré de la course juste avant l’échéance fixée au 7 août par les autorités boursières britanniques, laissant Apollo seul en lice.
– L’offre a été approuvée par le conseil d’administration d’easyJet et soutenue par son fondateur et premier actionnaire, Sir Stelios Haji-Ioannou, qui détient environ 15 % du capital.

Le feuilleton du rachat d’easyJet touche à son épilogue. Apollo Global Management a formalisé le 6 août une offre ferme de rachat de la compagnie britannique à bas coûts, valorisant l’ensemble du capital à 6,7 milliards d’euros, soit environ 7,7 milliards de dollars. Cette annonce intervient après le retrait de Castlelake, l’autre fonds américain en lice, qui a renoncé à formuler une offre concurrente juste avant l’échéance fixée au 7 août par le comité britannique des OPA.

Les deux fonds avaient jusqu’à vendredi 17h, heure de Londres, pour confirmer une offre ferme ou se retirer définitivement, un délai déjà repoussé une première fois début août. Castlelake avait présenté une proposition à 6,90 livres par action, tandis qu’Apollo avait rehaussé son offre à 7,15 livres, ce qui a fini par faire pencher la balance en sa faveur.

Une prime de 81 % sur le cours d’avant les rumeurs de rachat

L’offre d’Apollo représente une prime de 81 % par rapport au cours de clôture d’easyJet du 28 mai, dernier jour de cotation avant que l’intérêt de Castlelake ne devienne public. Cette prime généreuse reflète l’ampleur de la chute qu’avait connue le titre depuis le début du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran fin février, qui avait fait bondir le prix du kérosène et pesé sur la demande de voyages, easyJet ayant perdu plus d’un tiers de sa valeur boursière avant l’émergence des rumeurs de rachat. La dégradation s’était d’ailleurs traduite dans les comptes de la compagnie, avec une perte nette de 377 millions de livres (440 millions d’euros) sur les six mois clos fin mars, en aggravation de 27 % sur un an, malgré une progression de 12 % du chiffre d’affaires à 3,95 milliards de livres (4,61 milliards d’euros).

Sir Stelios Haji-Ioannou, qui détient avec sa famille environ 15 % du capital et perçoit une redevance sur les revenus de la compagnie au titre de la licence de marque easyGroup, a apporté son soutien à l’offre d’Apollo. Le fonds américain s’est engagé à conserver le nom easyJet en prolongeant cette licence existante, un engagement qui a vraisemblablement pesé dans la décision de l’actionnaire le plus influent de la compagnie.

Le chantier réglementaire reste entier

Comme nous l’évoquions à propos du durcissement des règles européennes de propriété des compagnies aériennes préparé par Bruxelles, l’accord trouvé avec le conseil d’administration ne vaut pas encore feu vert définitif. Apollo doit encore obtenir l’ensemble des autorisations réglementaires nécessaires, notamment au regard du règlement européen sur les subventions étrangères, ainsi que satisfaire aux exigences de propriété majoritaire européenne conditionnant le maintien des licences d’exploitation d’easyJet au sein de l’UE. Le fonds américain affirme avoir l’intention de prendre toutes les mesures nécessaires pour obtenir ces validations. L’opération, si elle aboutit, devrait être finalisée d’ici la fin du premier trimestre de l’année prochaine.

Sur le plan boursier, l’annonce a été bien accueillie : l’action easyJet a bondi d’environ 15 % le 7 août pour s’établir autour de 6,75 livres, son plus haut niveau depuis début 2022, tout en restant encore en retrait par rapport au prix offert par Apollo.