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Singapore Airlines affiche une perte trimestrielle sous l’effet de la flambée du carburant

Singapore Airbus A380-800 – Adobe Stock Photos

Publié le : 29 juillet 2026 à 16h00


L’essentiel

Singapore Airlines a enregistré une perte nette de 76 millions de dollars singapouriens (environ 51 millions d’euros) au premier trimestre de son exercice 2026-2027, sa première perte trimestrielle depuis la pandémie.
– La facture carburant du groupe a bondi de 78,5 %, à 2,25 milliards de dollars singapouriens (1,53 milliard d’euros), en raison du conflit au Moyen-Orient qui perturbe l’approvisionnement en kérosène depuis fin février.

Singapore Airlines a publié le 28 juillet sa première perte trimestrielle depuis la sortie de la pandémie de Covid-19, avec un résultat net négatif de 76 millions de dollars singapouriens (51 millions d’euros) sur les trois mois clos au 30 juin, contre un bénéfice de 186 millions un an plus tôt. Un résultat nettement plus mauvais que prévu par le marché, les analystes n’anticipant qu’une perte limitée à 4,3 millions de dollars singapouriens.

Ce résultat déficitaire tranche avec la vigueur commerciale affichée par la compagnie sur la période. Singapore Airlines a enregistré un chiffre d’affaires record de 5,71 milliards de dollars singapouriens (soit environ 3,8 milliards d’euros), en hausse de 19,3 % sur un an, porté par un nombre record de 10,9 millions de passagers transportés par le groupe et sa filiale low-cost Scoot, ainsi que par des revenus cargo en hausse de 33,5 % à 708 millions de dollars singapouriens (480 millions d’euros), eux aussi à un niveau record.

Une facture carburant alourdie de 673 millions d’euros

C’est la flambée du prix du kérosène qui explique l’essentiel du recul des résultats. Le coût net du carburant a augmenté de 78,5 % sur un an, à 2,25 milliards de dollars singapouriens (1,53 milliard d’euros), soit une hausse d’environ 991 millions de dollars singapouriens (673 millions d’euros). Cette envolée fait suite au déclenchement, le 28 février, d’une opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, qui a perturbé la libre circulation dans le détroit d’Ormuz et transformé le Golfe persique en zone de conflit actif. En représailles, l’Iran a visé plusieurs infrastructures pétrolières saoudiennes, dont la raffinerie de Riyad et le terminal d’exportation de Ras Tanura, provoquant un choc d’offre sur le marché mondial du kérosène raffiné, dont les exportations ont chuté de plus de 60 % par rapport à l’avant-conflit. Résultat, le bénéfice opérationnel du groupe a chuté de 73,8 % sur la période, à 106 millions de dollars singapouriens (72 millions d’euros).

Air India, un boulet supplémentaire pour Singapore Airlines

À ces difficultés conjoncturelles s’ajoute le poids persistant d’Air India, dont Singapore Airlines détient 25 % du capital aux côtés du groupe indien Tata Sons. La part des pertes d’Air India assumée par Singapore Airlines s’est élevée à 42 millions de dollars singapouriens (28 millions d’euros) sur le trimestre, partiellement compensée par une charge fiscale plus faible. Sur l’ensemble de son dernier exercice, clos en mars, Air India avait déjà accusé une perte record de 3,56 milliards de dollars singapouriens (2,41 milliards d’euros), une compagnie encore pénalisée par les fermetures d’espace aérien pakistanais en vigueur depuis l’an dernier, ainsi que par les suites du crash du vol AI171 survenu le 12 juin 2025, qui avait coûté la vie à 260 personnes.

Le président de Tata Sons, N. Chandrasekaran, a néanmoins fait état de progrès mesurables dans la transformation d’Air India, avec un score de recommandation client passé de -35 en 2023 à +42 en juin 2026, tout en prévenant que la refonte complète de la compagnie pourrait prendre jusqu’à une décennie. Le directeur général de Singapore Airlines, Goh Choon Phong, a de son côté résumé cette stratégie en évoquant une approche de long terme, sans raccourci possible.