WestJet : le syndicat des agents de bord dépose un préavis de grève de 72 heures

Publié le : 31 juillet 2026 à 12h00
L’essentiel
Le Syndicat canadien de la fonction publique a déposé le 30 juillet un préavis de grève de 72 heures pour les agents de bord de WestJet, deuxième compagnie aérienne du Canada. WestJet a répliqué en émettant à son tour un préavis de lock-out de même durée, ouvrant la voie à un possible arrêt de travail dès dimanche, en pleine période de forte affluence estivale.
Selon le syndicat, qui représente 4 400 agents de bord, les deux parties restent très éloignées sur plusieurs enjeux clés des négociations en vue du renouvellement de la convention collective. La présidente de la composante WestJet du SCFP, Alia Hussain, a indiqué que le syndicat avait clairement exposé ses demandes et continuerait de négocier sans relâche, tout en jugeant qu’il restait encore possible d’éviter la grève.
Un désaccord centré sur le travail non rémunéré
Le syndicat pointe en particulier le travail non rémunéré pour certaines tâches, notamment les services au sol, comme l’un des principaux points de discorde des négociations. WestJet conteste cette présentation, affirmant que l’ensemble des tâches concernées est rémunéré, mais via un système d’heures de crédit plutôt que par un taux horaire classique.
Le chef de la direction du groupe WestJet, Alexis von Hoensbroech, a indiqué que la décision d’émettre un préavis de lock-out en réponse au syndicat n’avait pas été prise à la légère, tout en regrettant les désagréments causés aux passagers. Il a ajouté que la compagnie accordait une grande importance au travail de son personnel de cabine, mais devait assurer l’intégrité de son réseau et limiter le risque d’immobilisation pour ses passagers, ses équipages et ses appareils.
Un protocole déjà négocié pour encadrer un éventuel arrêt de travail
À moins qu’un accord n’intervienne d’ici là, les agents de bord pourront légalement débrayer à partir de dimanche 0h01 heure des Rocheuses, certains vols pouvant commencer à être annulés dès aujourd’hui, vendredi. Plus tôt cette semaine, les deux parties avaient déjà signé un accord définissant les modalités d’immobilisation des avions et de rapatriement du personnel de cabine en cas d’arrêt de travail : les agents de bord en service au moment du déclenchement d’une grève mèneraient leur vol jusqu’à destination, ceux ne pouvant regagner immédiatement leur ville d’attache bénéficiant d’un hébergement à l’hôtel pendant une semaine maximum, ou d’un vol de retour vers une autre ville canadienne selon les disponibilités.
WestJet a mis en place une politique de changement ou d’annulation sans frais pour les passagers dont les vols sont prévus entre le 30 juillet et le 4 août. Les vols opérés par sa filiale régionale WestJet Encore, ainsi que les vols en partage de code assurés par des partenaires comme Delta Air Lines, ne seraient pas concernés par un éventuel arrêt de travail. En cas de retard ou d’annulation, la compagnie assure que les passagers concernés seront remboursés ou réacheminés.
John Gradek, professeur de gestion de l’aviation commerciale à l’Université McGill, estime qu’un arrêt d’activité, même de courte durée, coûterait plusieurs millions de dollars à la compagnie en pleine saison estivale. Un déclenchement de la grève dimanche interviendrait de surcroît lors d’un week-end prolongé par un jour férié dans plusieurs provinces canadiennes le lundi suivant.
WestJet assure au total plus de 600 vols par jour, transportant jusqu’à plus de 70 000 passagers lors des journées les plus chargées.



