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Trafic aérien européen : +2,6 % au premier semestre, mais un fort ralentissement au T2

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Publié le : 09 août 2026 à 08h00


L’essentiel

– Le trafic passagers des aéroports européens a progressé de 2,6 % au premier semestre 2026, mais le rythme est retombé à +1,3 % au deuxième trimestre contre +4,3 % au premier.
– Pour la première fois depuis la reprise post-Covid, le trafic domestique (+3 %) aurait dépassé l’international (+2,5 %).

Le trafic passagers des aéroports européens a progressé de 2,6 % au premier semestre 2026 selon ACI Europe, mais la dynamique s’est nettement essoufflée entre les deux trimestres : +4,3 % au premier trimestre, contre seulement +1,3 % au second. L’organisation pointe un contexte géopolitique de plus en plus déterminant, entre guerre au Moyen-Orient, hausse du carburant et ajustements de capacité décidés par plusieurs compagnies.

Le réseau aéroportuaire européen reste donc en croissance sur l’ensemble du semestre, mais dans un environnement bien plus volatil qu’en début d’année. Selon ACI Europe, la baisse des flux vers le Moyen-Orient et les réductions de capacité opérées par certains transporteurs en réponse au renchérissement du jet fuel expliqueraient l’essentiel du ralentissement observé au deuxième trimestre. Le directeur général de l’organisation, Olivier Jankovec, a résumé la situation en soulignant qu’il devenait impossible d’ignorer que la géopolitique façonne de plus en plus la performance du trafic cette année, tout en précisant que la demande resterait solide et que le choc proviendrait avant tout de l’offre.

Le trafic domestique dépasse l’international, une première depuis la reprise post-Covid

Fait notable relevé par ACI Europe : pour la première fois depuis la sortie de la crise sanitaire, le trafic domestique aurait mieux progressé que l’international sur la première partie de l’année, avec +3 % contre +2,5 %. Un signal inhabituel pour un marché européen historiquement porté par les liaisons transfrontalières et les grands hubs de correspondance, qui confirmerait la montée en puissance de la demande intra-européenne face à l’impact différencié des crises régionales sur les réseaux long-courriers.

De fortes disparités selon les marchés nationaux

Les moyennes européennes masqueraient, comme souvent, d’importants écarts nationaux. Dans le périmètre UE+, la Slovaquie se distinguerait très largement avec une hausse de trafic de 101,3 %, devant Malte (+15,6 %) et la Slovénie (+14,7 %). À l’inverse, l’Islande (-7,1 %), Chypre (-4,4 %) et l’Autriche (-2,6 %) reculeraient. Parmi les grands marchés, l’Italie (+4,2 %) et l’Espagne (+3,7 %) tireraient leur épingle du jeu, tandis que la France (+0,6 %) et le Royaume-Uni (+0,4 %) stagneraient et que l’Allemagne resterait en territoire négatif (-1,2 %).

Heathrow toujours en tête, Paris-CDG à l’arrêt

Londres-Heathrow conserverait la première place européenne avec 40 millions de passagers sur le semestre, en hausse marginale de 0,2 %. Istanbul le suivrait de très près avec 39,84 millions de passagers (+1,6 %). Paris-Charles de Gaulle resterait quasiment stable (-0,2 %), tandis qu’Amsterdam-Schiphol (-0,3 %), Francfort (-0,8 %) et Munich (-4,2 %) sous-performeraient. Les aéroports de taille intermédiaire afficheraient en revanche une croissance plus vive, avec +3,9 % pour ceux de 10 à 25 millions de passagers annuels et +3,7 % pour ceux de 1 à 10 millions. Les plus petits aéroports enregistreraient la plus forte progression (+8,6 %), tout en restant les seuls encore nettement en retard sur leur niveau d’avant-pandémie (-33,2 %).

Fret stable, mouvements d’avions toujours en retrait

Le fret aérien européen résisterait mieux que prévu, avec une progression de 0,7 % sur le semestre et un niveau désormais supérieur de 11,2 % à celui de 2019. Les mouvements d’avions, eux, ne progresseraient que de 1 % sur un an et resteraient 1,5 % sous leur niveau d’avant-crise, signe que la reprise du trafic n’aurait pas encore retrouvé toute sa profondeur opérationnelle.

ACI Europe a profité de cette publication pour relancer un avertissement sur le futur système européen d’entrée/sortie Schengen (EES), jugé source potentielle de files d’attente et de perturbations aux frontières. Sa mise en œuvre devrait selon l’organisation devenir une priorité immédiate pour préserver l’attractivité de l’Europe comme destination efficace et accueillante.