Asie-Pacifique : les compagnies aériennes ont engrangé 12,1 milliards de dollars de bénéfice net en 2025

Publié le : 10 août 2026 à 11h00
L’essentiel
Les compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique ont dégagé un bénéfice net cumulé de 12,1 milliards de dollars en 2025, contre 7,2 milliards en 2024, selon les chiffres préliminaires publiés par l’Association des compagnies aériennes d’Asie-Pacifique (AAPA). Une demande solide côté passagers et fret, conjuguée à un repli des prix du carburant, explique l’essentiel de cette embellie, dans un contexte que l’organisation juge déjà nettement moins favorable pour 2026.
Les résultats, portant sur les données agrégées de 27 transporteurs membres de l’AAPA, hors compagnies chinoises, confirment une année rentable pour le secteur aérien de la région. Les recettes d’exploitation cumulées ont atteint 223,7 milliards de dollars, en hausse de 4,3 % par rapport aux 214,5 milliards de dollars de 2024.
Le trafic passagers porte la croissance, malgré des rendements en baisse
Les recettes passagers ont progressé de 4,7 %, à 178,4 milliards de dollars, portées par une hausse de 7,7 % du trafic mesuré en passagers-kilomètres payants (RPK). Cette dynamique de volume a permis de compenser un recul de 2,8 % du rendement unitaire, tombé à 7,8 cents américains par RPK, signe que la croissance de capacité a devancé celle des tarifs. Le fret aérien a également résisté, avec des recettes en hausse de 1,4 % à 23,6 milliards de dollars, portées par une demande en hausse de 3,5 % en tonnes-kilomètres de fret (FTK), malgré des rendements cargo en repli de 2 %, à 32,1 cents américains par FTK.
Le carburant, principal facteur d’amélioration de la rentabilité
Les dépenses d’exploitation cumulées ont progressé de 4,3 %, à 209,4 milliards de dollars, mais cette hausse masquerait une réalité contrastée. Hors carburant, les coûts ont bondi de 7,8 %, à 151,1 milliards de dollars, sous l’effet de perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement et de pressions inflationnistes touchant le personnel, la location d’avions, la maintenance et les redevances aéroportuaires. À l’inverse, la facture carburant a reculé de 3,7 %, à 58,3 milliards de dollars, dans un contexte de prix moyen du baril de kérosène en baisse de 9,5 % sur un an, à 88,8 dollars. La part du carburant dans les coûts d’exploitation totaux est ainsi retombée à 27,8 %, contribuant directement à la préservation de la marge opérationnelle du secteur, maintenue à 6,4 %.
Une prudence affichée pour 2026
Le directeur général de l’AAPA, Wong Hong, a résumé une année 2025 où les compagnies de la région auraient abordé l’exercice en position de force, portées par une demande passagers et fret robuste. Il s’est montré nettement plus prudent pour 2026, évoquant un environnement opérationnel des derniers mois qui ne montrerait aucun signe d’apaisement, entre remontée des prix du carburant et incertitudes géopolitiques liées au Moyen-Orient. Cette prudence rejoindrait celle affichée par l’IATA au niveau mondial : l’association a revu à la baisse sa prévision de bénéfice du secteur pour 2026, en réaction à la flambée du carburant consécutive à l’aggravation du conflit impliquant l’Iran.



