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Bruxelles prépare un tour de vis sur la propriété des compagnies aériennes, une menace pour le rachat d’easyJet

Un A320 d’easyJet. © Adobe Stock Photos

Publié le : 29 juillet 2026 à 11h00


L’essentiel

– Selon Reuters, l’Union européenne prépare une révision de ses règles de propriété des compagnies aériennes pour empêcher les investisseurs étrangers d’en prendre le contrôle effectif.
– Cette révision, probablement présentée à l’automne, pourrait directement compliquer le rachat d’easyJet par le fonds américain Apollo Global Management, dont l’offre de 5,7 milliards de livres sterling a été soutenue début juillet.

L’Union européenne prépare un durcissement de ses règles encadrant la propriété des compagnies aériennes, dans le but d’empêcher des investisseurs non-européens d’en obtenir le contrôle effectif, a rapporté Reuters citant un responsable européen. Cette révision, qui n’avait pas encore été rendue publique, pourrait directement compliquer le projet de rachat d’easyJet par le fonds américain Apollo Global Management.

Selon ce responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du dossier, l’objectif de cette révision est de préserver l’autonomie stratégique de l’Union en garantissant que le contrôle des transporteurs régionaux reste effectivement exercé au sein du bloc, et non simplement détenu sur le papier par des intérêts européens tout en étant piloté depuis l’extérieur.

Une offre de rachat qui ne détaille pas sa conformité réglementaire

Début juillet, easyJet a apporté son soutien à une offre de 5,7 milliards de livres sterling, soit environ 7,65 milliards de dollars, formulée par Apollo Global Management. Cette proposition a supplanté une précédente offre de 5,5 milliards de livres émanant du fonds Castlelake. Aucun des deux prétendants, qui sont américains, n’a détaillé comment il comptait satisfaire aux exigences européennes de propriété majoritaire, un obstacle de taille pour toute acquisition d’une compagnie aérienne européenne par une entité non-européenne.

Bien qu’ayant son siège social au Royaume-Uni, easyJet reste dépendante de licences européennes pour exploiter ses bases et ses liaisons au sein de l’UE. Pour s’y conformer, la compagnie a plafonné à 49,5 % la part de son capital pouvant être détenue par des entités non-européennes, une règle héritée de l’après-Brexit. Selon plusieurs experts du secteur cités par Reuters, les prétendants américains pourraient toutefois chercher à obtenir le contrôle économique complet de l’entreprise tout en s’appuyant sur des intermédiaires européens pour satisfaire formellement à cette règle.

Un précédent potentiel pour tout le secteur

Si l’opération aboutissait en l’état, elle créerait un précédent notable pour le secteur aérien européen, en ouvrant la voie à des rachats portés par des fonds de capital-investissement dans une industrie très réglementée, où les opérations de rachat impliquent traditionnellement un autre transporteur aérien, souvent avec le soutien des pouvoirs publics nationaux. Le responsable européen cité par Reuters a précisé que la révision à venir, attendue à l’automne, viserait notamment à clarifier les types de structures d’entreprise autorisés en matière de contrôle et de propriété. Il a également indiqué qu’aucune discussion n’avait eu lieu à ce stade entre Apollo, Castlelake, easyJet et les régulateurs européens sur les modalités précises de l’opération. Les trois parties ont refusé de commenter auprès de Reuters.

Apollo dispose jusqu’au 7 août pour formaliser une offre ferme, sans avoir encore précisé comment le fonds compte se conformer à cette exigence.