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Air France-KLM dépasse les attentes au T2, mais révise ses perspectives de capacité à la baisse

Air France – Boeing 777. © Adobe Stock Photos

Publié le : 31 juillet 2026 à 08h00


L’essentiel

Air France-KLM a publié le 30 juillet un résultat opérationnel ajusté de 484 millions d’euros au deuxième trimestre, en baisse sur un an mais nettement supérieur au consensus des analystes.
– Le bénéfice net trimestriel chute de 71 % à 190 millions d’euros, et le groupe accuse une perte nette de 61 millions d’euros sur l’ensemble du premier semestre.
– Le groupe a révisé à la baisse ses perspectives de croissance de capacité pour 2026, entre 2 et 3 % contre 2 à 4 % auparavant, sous l’effet conjugué de la hausse du carburant et d’une demande plus modérée.

Air France-KLM a publié le 30 juillet des résultats trimestriels supérieurs aux attentes du marché, portés par la demande soutenue sur le long-courrier et les classes premium, tout en révisant à la baisse ses perspectives de capacité pour l’année. Le groupe reste pénalisé par la hausse du prix du carburant, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient, qu’il n’est pour l’instant parvenu à compenser que partiellement par la hausse de ses tarifs.

Le résultat opérationnel ajusté du deuxième trimestre s’établit à 484 millions d’euros, en recul par rapport aux 736 millions d’euros enregistrés un an plus tôt, mais très supérieur au consensus de 327 millions d’euros compilé par le groupe lui-même. Le directeur général Benjamin Smith a mis en avant une performance commerciale solide, portée par une demande toujours soutenue pour les voyages en classe premium, notamment sur les liaisons vers l’Asie et l’Amérique du Nord.

Une facture carburant alourdie de plus de 800 millions d’euros

Le directeur financier du groupe, Steven Zaat, a qualifié ce trimestre de difficile. La facture carburant s’est alourdie de plus de 800 millions d’euros sur le seul deuxième trimestre par rapport à la même période de 2025. Sur l’ensemble de l’année 2026, elle devrait atteindre 8,9 milliards de dollars, contre 6,9 milliards de dollars en 2025, une hausse liée au conflit au Moyen-Orient, même si ce chiffre a été révisé à la baisse de 4 % par rapport à la précédente prévision du groupe (grâce à des mécanismes de compensation et à l’arrivée d’appareils plus modernes dans la flotte). Selon le groupe, la hausse de la recette unitaire par passager a permis de compenser environ 85 % de cette hausse du coût du carburant.

Sur le plan comptable, le bénéfice net trimestriel chute de 71 % sur un an, à 190 millions d’euros. Sur l’ensemble du premier semestre, le groupe accuse une perte nette de 61 millions d’euros, contre un bénéfice de 401 millions d’euros un an plus tôt, une perte semestrielle qu’Air France-KLM avait déjà connue à plusieurs reprises ces dernières années, en 2021, 2022 et 2024.

Des fréquences réduites sur certaines liaisons européennes

Face à ce ralentissement, Air France-KLM a légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance de capacité pour 2026, désormais attendue entre 2 et 3 %, contre 2 à 4 % précédemment. Sur le réseau long-courrier du groupe, la capacité est même anticipée en léger recul de 1 %, alors qu’elle était jusqu’ici prévue stable. Cette moindre croissance doit se traduire par une réduction de fréquences en fin d’année, en particulier sur des liaisons européennes fortement concurrentielles. Le groupe a cité en exemple Düsseldorf et Londres comme des destinations déjà concernées par des réductions de capacité.

Malgré ce contexte, le groupe affiche une situation de liquidités confortable, avec 10,3 milliards d’euros disponibles à fin juin, une position qui pourrait lui permettre de saisir des opportunités de consolidation, alors que le conflit au Moyen-Orient pèse sur les prévisions de bénéfices de l’ensemble du secteur et pousse certaines compagnies de moindre envergure vers la restructuration ou le rachat.

TAP et SAS, deux chantiers de consolidation en cours

Cette publication intervient au lendemain du dépôt par Air France-KLM d’une offre pour une prise de participation pouvant atteindre 49,9 % du capital de TAP Air Portugal, en concurrence directe avec Lufthansa. Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM, a mis en avant, pour justifier l’avantage de son offre face à celle du groupe allemand, l’expérience du groupe franco-néerlandais en matière de gouvernance décentralisée entre Paris et Amsterdam, un modèle qu’il présente comme garant d’une autonomie de gestion pour la compagnie portugaise.

En parallèle, Air France-KLM prépare l’intégration de la compagnie scandinave SAS, dont la participation doit passer de 19,9 % à 60,5 % du capital une fois les autorisations réglementaires obtenues, ce qui est attendu d’ici la fin de l’année. Cette opération ajouterait au portefeuille du groupe une troisième grande plateforme de correspondance, Copenhague, aux côtés de Paris-Charles de Gaulle et d’Amsterdam-Schiphol, et devrait s’accompagner d’un changement de nom pour le groupe.

Interrogé sur un éventuel intérêt pour easyJet, Benjamin Smith a écarté cette piste, expliquant que le groupe repoussait déjà ses limites et n’envisageait pas ce type d’opération pour l’instant.