Boeing : une perte plus lourde que prévu, mais des signaux de redressement au deuxième trimestre

Publié le : 29 juillet 2026 à 08h00
L’essentiel
Boeing a publié le 28 juillet des résultats trimestriels contrastés. Le groupe américain affiche une perte nette plus lourde que prévu par les analystes, plombée une nouvelle fois par les déboires du programme Air Force One, mais revendique dans le même temps des progrès concrets dans son redressement opérationnel, avec une trésorerie disponible repassée en territoire positif.
Sur le seul deuxième trimestre, Boeing a enregistré une perte de base de 76 cents par action, très supérieure à la perte moyenne de 30 cents anticipée par les analystes selon les données LSEG, même si ce résultat reste nettement meilleur que la perte de 1,24 dollar par action enregistrée un an plus tôt sur la même période. Au total, la perte nette trimestrielle s’établit à 428 millions de dollars, en amélioration par rapport à l’an dernier, mais supérieure aux attentes du marché.
Air Force One, un nouveau contretemps à 280 millions de dollars
La charge de 280 millions de dollars enregistrée sur le programme VC-25B, le nom de code du contrat de conversion de deux Boeing 747-8 en avions présidentiels Air Force One, résulte de coûts d’ingénierie supplémentaires destinés à sécuriser la livraison des deux appareils, désormais espérée mi-2028 et mi-2029. Le contrat initial, signé en 2018 pour un montant fixe de 3,9 milliards de dollars, prévoyait une première livraison fin 2024. Il accuse aujourd’hui environ quatre ans de retard et plus d’un milliard de dollars de dépassement budgétaire.
En attendant ces livraisons, Donald Trump utilise un Boeing 747-8 offert par le Qatar comme avion présidentiel. Le président américain a indiqué ce mois-ci que cet appareil serait prochainement retiré du service pour y installer des mises à niveau, après des interrogations soulevées sur son niveau réel de sécurité.
Cadences en hausse, certifications « en bonne voie »
Sur le plan opérationnel, Boeing a engagé au deuxième trimestre la transition de ses cadences de production du 737 vers un rythme de 47 appareils par mois. Le groupe a par ailleurs dévoilé début juillet une nouvelle ligne d’assemblage à Everett, dans l’Etat de Washington, baptisée « North Line », censée lui permettre à terme d’atteindre une cadence de 52 MAX par mois. Boeing a également augmenté ses investissements en capital sur le trimestre, notamment pour étendre ses capacités de production du 787 en Caroline du Sud et de ses avions militaires dans la région de Saint-Louis, dans le Missouri.
Enfin, l’avionneur a par qualifié de conformes au calendrier ses efforts de certification pour les nouvelles versions du 737 MAX et du 777X auprès des autorités américaines, précisant que le 737 MAX 7 se trouvait dans les toutes dernières étapes du processus. Cette annonce intervient au lendemain de la publication par la FAA d’un projet de consigne de navigabilité imposant l’inspection de plus de 450 737 MAX américains, en raison d’un possible défaut d’installation des sièges passagers.



