La grève démarre chez WestJet, tous les vols 737 et 787 immobilisés

Publié le : 03 août 2026 à 09h10
L’essentiel
Après l’échec des négociations de dernière minute, dont nous suivions le préavis quelques jours plus tôt, les agents de bord de WestJet ont officiellement entamé leur grève le dimanche 2 août, contraignant la deuxième compagnie aérienne du Canada à immobiliser l’ensemble de ses vols Boeing 737 et 787. Le mouvement, déclenché en plein pic de la saison estivale, perturbe immédiatement les projets de dizaines de milliers de passagers à travers le Canada et sur les liaisons internationales.
Le conflit social concerne environ 4 400 membres du personnel de cabine, représentés par la section locale 8125 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Si la flotte principale de Boeing 737 et 787 de WestJet reste clouée au sol, la compagnie a précisé que les vols de sa filiale régionale WestJet Encore, opérés en Dash 8 Q400, ainsi que les vols assurés par ses partenaires en partage de code, continuaient de fonctionner normalement.
Plus de 300 vols annulés avant même le début de la grève
WestJet avait commencé à annuler des vols avant le déclenchement officiel du mouvement, afin d’éviter de laisser des appareils, des équipages et des passagers bloqués à travers son réseau international. Dès dimanche, plus de 300 vols avaient été annulés, la quasi-totalité des services 737 et 787 étant suspendue jusqu’à nouvel ordre, en plein cœur de l’un des week-ends les plus chargés de l’année au Canada. La compagnie a indiqué proposer des remboursements ou des solutions de réacheminement aux passagers concernés, tout en reconnaissant que l’ampleur de la perturbation pourrait limiter les options de reprise en charge sur des compagnies concurrentes.
Le paiement des tâches au sol, cœur du désaccord
Le différend porte principalement sur la rémunération des tâches effectuées avant le décollage et après l’atterrissage. Comme de nombreuses compagnies nord-américaines, WestJet rémunère traditionnellement son personnel de cabine sur la base du seul « temps de bloc », de la fermeture des portes au départ jusqu’à l’arrivée à la porte de destination, laissant peu ou pas de rémunération directe pour l’embarquement, les vérifications de sécurité ou l’assistance aux passagers.
WestJet affirme avoir proposé un modèle de rémunération horaire couvrant l’ensemble des heures travaillées, assorti d’une augmentation salariale à deux chiffres dès la première année de l’accord. Le syndicat a rejeté cette proposition, la jugeant insuffisante pour couvrir l’ensemble des tâches requises et pour répondre aux préoccupations plus larges sur les conditions de travail. Alia Hussain, présidente de la section syndicale locale, a résumé la position des grévistes en expliquant qu’ils méritaient mieux. Ce type de conflit reproduit un schéma déjà observé ailleurs en Amérique du Nord, où les agents de bord poussent de plus en plus les compagnies à mettre fin au travail non rémunéré au sol, à l’image du conflit social qui avait touché Air Canada l’an dernier sur des enjeux similaires.
Les négociations se poursuivent malgré le débrayage
Malgré la grève en cours, WestJet et le SCFP ont tous deux indiqué rester disposés à revenir à la table des négociations. La ministre canadienne de l’Emploi, Patty Hajdu, a fait part de sa déception de voir les négociations échouer avant l’échéance du préavis de grève, tandis que des médiateurs fédéraux continuent de travailler avec les deux parties dans l’espoir d’un accord. Le directeur général de WestJet, Alexis von Hoensbroech, a maintenu que la compagnie restait engagée dans la recherche d’un accord négocié, tout en cherchant à concilier la rémunération des salariés avec la compétitivité à long terme de l’entreprise. Les négociations se sont finalement rompues après près de 11 mois de discussions.
En attendant un accord de principe, le réseau canadien et international de WestJet reste fortement perturbé, en pleine période estivale.



