Air China déploie le COMAC C919 sur sa première ligne internationale

Publié le : 08 août 2026 à 08h00
L’essentiel
Air China va exploiter le C919 sur une liaison internationale régulière pour la première fois. À compter du 12 août, l’avion de ligne développé par le constructeur chinois COMAC assurera un aller-retour quotidien entre Pékin et Oulan-Bator, capitale de la Mongolie.
Selon l’agence officielle chinoise Xinhua, cette route marquerait le premier service international régulier de passagers opéré par le C919 depuis sa mise en service commerciale en 2023. Air China exploite déjà l’appareil sur la liaison Pékin-Hong Kong depuis novembre 2025, mais cette desserte reste considérée comme régionale plutôt qu’internationale au sens diplomatique et commercial du terme. Le lancement de la ligne mongole constitue donc une étape symbolique dans la stratégie d’exportation du programme.
Un monocouloir censé rivaliser avec l’A320 et le 737
Développé par la Commercial Aircraft Corporation of China (COMAC) avec le soutien de l’État chinois depuis 2007, le C919 est un monocouloir destiné à concurrencer les familles Airbus A320 et Boeing 737 sur le segment moyen-courrier. L’appareil a effectué son premier vol commercial en mai 2023, entre Shanghai et Pékin avec China Eastern Airlines. D’après l’Administration de l’aviation civile chinoise (CAAC), 31 exemplaires étaient immatriculés en Chine fin 2025, ayant déjà transporté plus de 4 millions de passagers sur des lignes intérieures et régionales.
En dehors de la Chine continentale, le C919 n’a pour l’instant été engagé que sur Hong Kong (China Eastern depuis janvier 2025, Air China depuis novembre 2025) et bientôt la Mongolie. COMAC a ouvert un bureau régional à Singapour pour promouvoir ses appareils en Asie-Pacifique, où son petit-frère le C909 (ex-ARJ21) a déjà trouvé preneur au Vietnam, au Laos et au Cambodge.
Une dépendance persistante aux équipements occidentaux
Bien que conçu et assemblé en Chine, le C919 reste équipé de moteurs LEAP fournis par CFM International, coentreprise entre Safran et GE Aerospace, ainsi que de plusieurs systèmes avioniques occidentaux. Cette dépendance s’est traduite par des retards de production en 2025, lorsque les États-Unis avaient temporairement suspendu l’exportation de certains moteurs vers la Chine. COMAC n’aurait ainsi livré que 15 C919 l’an dernier, loin de l’objectif public de 75 appareils. Le constructeur viserait au moins 28 livraisons en 2026, table sur une amélioration de la chaîne d’approvisionnement.
Une certification occidentale encore lointaine
L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) mène actuellement des vols d’évaluation à Shanghai, mais la procédure de certification complète resterait longue et complexe. Une certification européenne ne serait pas attendue avant trois à six ans, ce qui reporterait toute exploitation du C919 par des compagnies européennes à la prochaine décennie



