IndiGo met fin à ses vols long-courriers

Publié le : 03 août 2026 à 14h49
L’essentiel
IndiGo met un terme à sa première incursion dans le long-courrier en gros-porteur. La compagnie indienne a annoncé la fin de son accord de location « damp lease » de Boeing 787-9 auprès de Norse Atlantic Airways à compter du 25 octobre 2026, l’accord devant formellement s’achever le 31 octobre. Cette décision entraîne la suspension complète de la desserte de Londres-Heathrow, qui ne devrait reprendre qu’à l’arrivée des propres A350-900 d’IndiGo.
La liaison Mumbai-Amsterdam sera en revanche maintenue, mais désormais opérée en Airbus A321XLR plutôt qu’en Boeing 787-9. Si le monocouloir offre une capacité nettement inférieure à celle du gros-porteur, il présente également des coûts d’exploitation sensiblement plus bas, bien plus adaptés au contexte économique actuel.
Un environnement d’exploitation nettement dégradé depuis le lancement du programme
IndiGo attribue cette décision à un environnement opérationnel très différent de celui prévu au lancement du projet. La compagnie évoque une hausse significative des coûts, liée aux tensions géopolitiques persistantes, aux restrictions d’espace aérien, à la hausse du prix du carburant et à la pression sur le taux de change, autant de facteurs ayant affecté l’efficacité des routes, la fiabilité des horaires et la compétitivité globale du programme.
Deux facteurs pèsent particulièrement dans cette équation. D’une part, l’espace aérien pakistanais reste fermé aux compagnies indiennes, imposant des routings plus longs vers l’Europe pour l’ensemble du secteur. D’autre part, le montage financier du contrat s’est révélé pénalisant : IndiGo réglait Norse Atlantic en dollars et en euros tout en générant l’essentiel de ses revenus en roupies indiennes, une devise qui s’est dépréciée face aux deux autres sur la période, tandis que la compagnie assumait seule l’intégralité de la facture carburant, elle-même en forte hausse.
Un galop d’essai avant l’arrivée de l’A350
Lancé au début de l’année 2025, cet accord n’avait jamais été conçu comme permanent. Plutôt que d’attendre les livraisons de sa future flotte d’A350-900, IndiGo avait loué six Boeing 787-9 en configuration « damp lease », Norse Atlantic fournissant les appareils, les pilotes et la maintenance, tandis qu’IndiGo apportait le personnel de cabine, commercialisait les vols sous sa propre marque et prenait en charge le carburant. Ce montage avait permis à la compagnie de lancer des liaisons vers Londres-Heathrow, Manchester, Amsterdam et Copenhague, tout en développant en parallèle son expertise sur l’exploitation long-courrier.
Selon Abhijit Dasgupta, vice-président senior en charge de la planification et de la gestion des revenus chez IndiGo, l’industrie aéronautique mondiale continue de naviguer dans un contexte d’incertitude géopolitique, ce qui impose un déploiement prudent des ressources à court terme tout en préservant les objectifs stratégiques de long terme. Il a précisé que le programme n’avait jamais eu vocation à couvrir des routes précises de façon pérenne, mais à poser les bases des futures opérations long-courrier de la compagnie, ajoutant que les enseignements opérationnels tirés de cette expérience renforçaient la conviction d’IndiGo dans sa stratégie internationale de long terme.
Elle confirme aussi que l’ambition long-courrier d’IndiGo restera suspendue à l’arrivée de sa propre flotte d’A350. En attendant, Air India demeure la seule compagnie indienne à exploiter des gros-porteurs sur son réseau international régulier.



