Lufthansa Group : le bénéfice opérationnel divisé par deux au deuxième trimestre

Publié le : 06 août 2026 à 12h00
L’essentiel
Lufthansa Group a vu son bénéfice opérationnel chuter de plus de moitié au deuxième trimestre 2026, la flambée du coût du kérosène liée à la crise au Moyen-Orient ayant effacé une large part d’une demande de voyages pourtant restée solide. Le résultat opérationnel ajusté s’établit à 383 millions d’euros sur la période, contre un niveau nettement supérieur un an plus tôt, pour une marge opérationnelle réduite à 3,4 %.
Le chiffre d’affaires du groupe progresse pourtant de 8 % sur la période, à 11,1 milliards d’euros, porté par une demande que le président du directoire Carsten Spohr a qualifiée d’intacte, notamment dans les classes premium et sur les liaisons vers l’Asie. Il a toutefois précisé que l’amélioration du coefficient de remplissage et une hausse significative du rendement unitaire n’avaient pas suffi à compenser entièrement la forte augmentation des coûts de carburant. À titre de comparaison, Air France-KLM avait publié sur la même période un résultat opérationnel ajusté de 484 millions d’euros, pour une marge de 5,2 %, tandis qu’IAG, maison mère de British Airways et Iberia, affichait un bénéfice opérationnel avant éléments exceptionnels de 1,406 milliard d’euros, en recul de 16,3 %, pour une marge de 15,8 %.
Kérosène en flambée, grèves en renfort
Le groupe allemand, qui réunit Lufthansa Airlines, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways, SWISS et la low cost Eurowings, chiffre à environ 750 millions d’euros le surcoût carburant du seul deuxième trimestre par rapport à l’an dernier, largement attribué à la flambée du kérosène provoquée par le conflit au Moyen-Orient. S’y ajoutent des charges financières d’au moins 150 millions d’euros liées aux mouvements sociaux des pilotes et du personnel de cabine, qui ont pesé sur les capacités et les coûts opérationnels. Le directeur financier du groupe, Till Streichert, a résumé ce trimestre comme marqué par des coûts de carburant exceptionnellement élevés et une incertitude géopolitique accrue. Sur l’ensemble de ses compagnies de réseau, le groupe évoque une hausse des coûts de carburant supérieure à 600 millions d’euros sur un an, malgré une discipline de coûts maintenue sur les autres postes.
Des capacités réduites, une demande qui ne fléchit pas
Pour absorber cette hausse de coûts, Lufthansa Airlines a réduit dès avril ses capacités moyen et long-courrier, et retiré du programme les opérations de sa filiale régionale CityLine sur le court-courrier au départ de Francfort et Munich. L’ensemble des compagnies traditionnelles du groupe a ainsi réduit ses capacités de 3 % sur le trimestre, tandis qu’Eurowings les diminuait de 6 %, suspendant temporairement ses vols vers le Golfe au profit de nouvelles liaisons méditerranéennes.
Cette réduction de l’offre ne s’est pas traduite par un recul de la demande : le coefficient de remplissage progresse légèrement à 81,6 %, et les recettes unitaires bondissent, en particulier sur les routes asiatiques où les rendements progressent de plus de 13 % sur un an. Carsten Spohr met en avant l’impact particulièrement positif de la demande mondiale de voyages, notamment en classes premium, ainsi que les investissements du groupe dans ses nouveaux produits cabine Allegris, Swiss Senses et l’amélioration FOX.
Le fret et la maintenance en soutien du résultat
La dégradation du résultat passage contraste avec la bonne tenue des activités de fret et de maintenance. Lufthansa Cargo profite d’une demande soutenue dans le contexte de la crise au Moyen-Orient, avec des capacités en hausse de 2 % et des rendements en bond de 27 % sur un an, portant son EBIT ajusté à 116 millions d’euros contre 73 millions un an plus tôt. Lufthansa Technik affiche de son côté une hausse de 11 % de son chiffre d’affaires à 2,2 milliards d’euros, portée par une progression de 23 % des revenus auprès de clients externes, pour un résultat opérationnel ajusté de 157 millions d’euros.
Une prévision 2026 élargie face à la volatilité du carburant
Le groupe conserve une situation financière jugée solide, avec une liquidité de 10,7 milliards d’euros au 30 juin et une dette financière nette stable à 8,3 milliards d’euros. Le flux de trésorerie disponible ajusté du semestre ressort à 1,0 milliard d’euros, en ligne avec l’an dernier, même si le seul deuxième trimestre bascule en territoire négatif à -365 millions d’euros, contre +138 millions un an plus tôt.
Face à la volatilité du prix du kérosène et au raccourcissement des cycles de réservation, Lufthansa Group préfère désormais afficher une prévision sous forme de fourchette, visant pour 2026 un EBIT ajusté compris entre 1,7 et 2,2 milliards d’euros. Till Streichert a prévenu que la volatilité croissante des prix du carburant rendait la prévision de plus en plus difficile, tout en maintenant l’objectif d’un résultat annuel supérieur à celui de 2025. Carsten Spohr a insisté sur la robustesse et l’adaptabilité du modèle économique du groupe dans un environnement volatil, soulignant la contribution des différentes activités au maintien d’un bénéfice positif malgré la flambée du kérosène.



