
Airbus étudie des versions allongées de l’A350 et de l’A220, sans calendrier arrêté

Airbus étudie des versions allongées de l’A350 et de l’A220, sans calendrier arrêté
Airbus étudie deux pistes d’allongement au sein de sa gamme actuelle, l’une sur son monocouloir A220, l’autre sur son gros-porteur A350, a rapporté Reuters à l’occasion du salon de Farnborough. Mais l’avionneur n’a communiqué aucune échéance précise pour l’un ou l’autre projet, et son propre directeur général avait encore récemment tempéré les attentes sur le sujet.
Ces réflexions s’inscrivent dans un contexte financier nettement plus favorable pour Airbus qu’en début d’année. Le groupe avait vu son bénéfice d’exploitation chuter de 52 % au premier trimestre 2026, à environ 300 millions d’euros, pénalisé notamment par le manque de moteurs Pratt & Whitney pour la famille A320neo, un problème d’approvisionnement qu’Airbus n’attend pas de voir résolu avant 2028. La situation s’est depuis nettement améliorée : le 22 juillet, l’annonce d’un programme de rachat d’actions et d’un objectif de doublement des bénéfices d’ici 2029 a fait bondir le titre Airbus en bourse.
Un A350 allongé conditionné au moteur retenu
Le projet le plus commenté concerne une version allongée de l’A350-1000, parfois désignée de façon informelle « A350-2000 » par la presse, sans que ce nom ait de caractère officiel. Interrogé à Farnborough, le directeur général de Rolls-Royce, Tufan Erginbilgic, a indiqué s’attendre à ce qu’Airbus arrête sa décision d’ici un an. Il a toutefois précisé qu’un nouveau moteur, si Airbus retenait une architecture nécessitant une turbine plus grande que celle du Trent XWB-97 actuel, demanderait de six à sept ans de développement à Rolls-Royce, seul motoriste de toute la famille A350.
Cette précision mérite d’être nuancée : rien n’indique à ce stade qu’Airbus soit contraint de développer un nouveau moteur pour lancer une version allongée. Le constructeur pourrait tout aussi bien choisir de conserver le Trent XWB-97 actuel, utilisé sur l’A350-1000, quitte à accepter un rayon d’action réduit sur la version étirée. Un tel choix permettrait un calendrier de lancement bien plus rapide que celui associé à un moteur entièrement nouveau. Aucune information n’a par ailleurs été communiquée sur la capacité, le rayon d’action, le calendrier de lancement ou la date d’entrée en service visée pour cette version allongée qui serait destinée à concurrencer directement le 777X de Boeing, et capter le marché de remplacement des A380.
Un A220-500 déjà guetté par un client potentiel
Le second projet porte sur un A220-500, version allongée de l’actuel A220-300. Si ce programme venait à être lancé, la compagnie malaisienne AirAsia devrait figurer parmi ses premiers clients : elle a déjà exprimé publiquement un intérêt pour des options portant sur 150 appareils, en complément d’une commande ferme de 150 A220-300.
Malgré ces différentes pistes, Guillaume Faury avait lui-même affirmé en avril 2026 qu’Airbus n’était proche de lancer ni l’un ni l’autre programme. Un discours de prudence qui coexiste avec les intentions affichées par ailleurs de renforcer significativement les cadences de production de l’A350, pour répondre à une demande soutenue sur les gros-porteurs, Airbus visant une cadence de 12 appareils par mois d’ici 2028. Le groupe a par ailleurs réaffirmé son objectif de livrer environ 870 appareils commerciaux en 2026, soit une progression de 10 % par rapport à 2025.


